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Et si la société était une grande Maison, quelle serait la place de l’Ecole?

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(#Chronique #MissMarketingMagazine #Le Billet de Steeve CréationDeValeur)

Et si la société était une grande Maison, quelle serait la place de l’Ecole?

Et si nous envisagions notre société comme une grande maison, il va de soi qu’il faut sans cesse rénover des parties, supprimer des éléments et en construire d’autres… Et puisque nous sommes en période de crise -je suis né au début des années 80, autant te dire que j’ai été bercé, nourri,élevé, gavé avec ce terme- on s’interroge beaucoup sur le coût des chantiers à venir.

Quand je regarde l’Histoire de notre Société, je trouve franchement que sa façade a bien de la gueule. Elle est unique au monde, son architecture est clairement une exception tant sur le plan esthétique, historique que culturel, politique, industriel et social. Bref, le monde entier vient la visiter. Le problème, c’est que notre belle demeure est vieille et qu’elle a besoin de changer pas mal de choses. Seulement, les personnes qui peuplent cette grande maison sont de plus en plus vieilles et voient les choses avec beaucoup moins de perspectives qu’avant. Et pourtant ce sont en partie elles qui ont émancipé, qui ont révolutionné ce système qui avait un balai dans le derrière au beau milieu des trente glorieuses, moment d’orgie où le pétrole coulait à flot dans les veines de la croissance économique.

Ironie de l’Histoire, des mouvements conservateurs, des partisans du “C’était mieux avant” tels que Zemmour, nous font croire que notre société qui trébuche beaucoup certes, mais qui cherche de nouvelles orientations se trompe de chemin. Des charognards, il y en a eu de tout temps. Le machiavélisme de ces grands leaders médiatiques mêlé au contexte effrayant de l’extrémisme religieux nous fait choir dans le côté obscure de la force. Nous optons pour des choix de société rigide assouvissant au détriment de notre souplesse de vie, de notre liberté si frenchy, un grand besoin de Sécurité. Car nous sommes tous en grande partie des flippés. Rien d’étonnant lorsqu’on constate à quel point notre attention baigne au quotidien dans des flots médiatiques teintés d’angoisse, de danger, de sensationnalisme négatif …

En ce moment je me dispute beaucoup avec mes collègues enseignants car beaucoup d’entre eux sont aussi partisans du “c’était mieux avant” avec tout de même, il faut le reconnaître, cette grande sensibilité sociale. Nous travaillons avec du vivant, nous sommes aux premières loges du théâtre de notre société. Nous constatons les premiers, les carences éducatives en tout genre (alimentation, hygiène de vie, prise de conscience de son corps, manque cruel d’attention et d’affection…

Forcément manque de confiance en soi, de construction par l’échange social: le langage, mère de l’Intelligence…). Ce que je n’arrive pas à faire passer lorsque je discute avec eux (je m’énerve beaucoup en réalité, j’avoue) c’est notre manque d’aptitude à changer notre façon de voir et de faire. Notre manque de souplesse. Le monde change pour tout le monde. Autant pour ceux qui le conçoivent que pour ceux qui s’y préparent. Et j’ai envie de dire, ceux qui s’y préparent prennent du terrain sur ceux qui le conçoivent… Car ceux qui le construisent se font complètement dépasser par l’utilisation d’outils modernes et cela mériterait peut être que l’on fasse une pause pour prendre suffisamment de recul afin d’envisager avec de nouvelles perspectives une nouvelle organisation de la société. Car là clairement, on manque de cadre les amis!

Car oui, je le dis sans retenue, il s’agit bien d’une hérésie que de faire l’impasse sur tous ces nouveaux Outils pour communiquer tout type de contenu, pour s’organiser dans le travail, dans les loisirs, dans les relations… pour s’approprier le savoir… pour créer une nouvelle valeur à redistribuer! La Vitesse d’information, tout, je dis bien tout change à une vitesse exponentielle…Oui la société est en train de vivre un grand chamboulement. Le même bouleversement lorsque tu retapes une maison, des fondations jusqu’au toit. Le même bouleversement hormonal dans ton corps lorsque tu étais ado… Tu as peut être vécu ce moment douloureux où ton visage a vécu un ravalement de façade!

Mais l’école elle, ne change pas. Ou plutôt, elle vieillit mal. L’Ecole régresse car elle essaie de revenir en arrière en adoptant des méthodes d’autrefois. Sommes nous démunis à ce point pour être aussi has been avec les graines du XXI ème siècle?
Cela fait des décennies que le système dysfonctionne et nous le durcissons davantage… Ne voulons nous pas écouter cette jeunesse? Nous fait-elle peur? Et j’ai envie d’aller plus loin… N’est elle pas en train d’incarner, de diaboliser cette peur qu’elle voit en nous lorsqu’on la considère ainsi?
Finalement n’est ce pas nous qui faisons « l’ Enfant  » avec cette ineffabe peur d’évoluer. Oui évoluer, changer, aller vers l’inconnu, vers des sphères que l’on ne connait peu ou pas du tout?
La peur n’évitera rien et la résistance au changement ne fait qu’alourdir le fossé entre les générations.

Je n’ai qu’une trentaine d’années mais je vois bien que le fossé entre les moins jeunes comme moi et les plus jeunes s’élargit à une vitesse considérable. Le monde évolue de plus en plus vite et cela nous demande une faculté d’adaptation de plus en plus rapide et flexible. Et oui, on ne peut pas tout avoir. Sur le plan général, on est quand même en sécurité. Lorsqu’on compare notre niveau de vie par rapport à beaucoup d’autres pays dans le monde, la probabilité de mourir lorsqu’on se lève pour aller gagner sa croûte est relativement faible et l’espérance de vie s’allonge…
Lorsque l’on regarde les jeunes générations avec condescendance, me revient souvent aux oreilles la chanson de Brassens « Quand on est con… ». Oui, La connerie n’a pas d’âge!
Je refuse de me situer du côté des vieux, la jeunesse est un état d’esprit et j’entends évoluer l’esprit jeune (avec mes failles certes) en accumulant de l’expérience de vie aussi longtemps que possible.

Je refuse ce constat « de Péril Jeune » car affirmer cela c’est rendre les armes… C’est accepter le délitement de notre société. Car l’avenir c’est eux.
Et si nous revenions à notre ancienne bâtisse qu’est notre pays… Pensez vous vraiment qu’il faille à ce point résister pour conserver cette architecture? N’est ce pas cet immobilisme qui rend notre société moins viable, moins accueillante, moins ouverte, moins lumineuse, moins confortable qu’avant? Ne peut-on pas faire de notre société une belle demeure où l’on mélange les styles des plus classiques aux plus modernes? Ne peut-on pas outre les époques, faire intervenir des styles outre frontières? Voilà la jolie complexité de notre culture… Garder un socle solide en s’adaptant aux évolutions sociétales.
On va devenir les SDF de l’Europe et du Monde si on continue à penser et agir ainsi. Le repli n’est pas une solution. Nos murs ne résisteront pas aux prochains séismes. Car il s’agit bien de rénover la baraque et avec souplesse s’il vous plaît (cela ne veut pas dire « raser pour tout reconstruire »). Finalement, l’Ecole, ne serait-elle pas les fondations de notre Société?

Allez oui, je te l’accorde, les fondations, ça coûte cher, c’est pas sexy, ce n’est pas la partie visible mais ça t’assure une sécurité pour le siècle à venir… Investir dans les fondations d’une maison, c’est accepter d’’investir dans du long terme, dans ce qui ne se verra pas tout de suite. C’est repartir sur de solides bases pour avoir à loisir d’embellir le reste, ce qui se verra par la suite. Les fondations de ta maison, de ta société, de ta culture, de ton pays, représentent ceux qui s’en occuperont demain. Ce sont tes enfants.

Donne leur une chance.

Billet de Steeve CréationDeValeur

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Dhouha Majouli

The author Dhouha Majouli

Dhouha Majouli, architecte d’idées, fondatrice de Miss Marketing Magazine et auteure en devenir.
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